Vous voulez que les données climatiques de la Terre ne s'interrompent jamais ? Rencontrez la stagiaire de la NASA qui conçoit la prospective des missions.
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Hampton, Virginie.
Imaginez que vous puissiez voir à l'avance où une mission satellite pourrait trébucher. Imaginez aussi avoir un plan prêt avant le premier accroc. C'est ce que Lindsey Jacobson aide la NASA à faire chaque jour. Son travail donne aux missions scientifiques de la Terre quelque chose qui ressemble à de la prospective.
En tant que stagiaire Pathways au sein de la division des sciences de la Terre de la NASA, Jacobson construit des outils d'analyse qui aident les planificateurs de missions à repérer d'éventuels changements dans la flotte de satellites d'observation de la Terre de l'agence. L'objectif est simple. Éviter les lacunes dans les données dont dépendent les scientifiques, les prévisionnistes et les utilisateurs opérationnels. Elle travaille avec l'équipe NESSIE au centre de recherche Langley, où l'ingénierie, la stratégie et la planification opérationnelle se rencontrent.
Depuis 2022, Jacobson revient à Langley chaque été tout en terminant sa thèse en génie mécanique à l'université d'État de Caroline du Nord. Le programme Pathways de la NASA offre aux étudiants une voie directe vers des postes de fonctionnaires à temps plein. Son travail alimente de vraies décisions qui façonnent l'avenir de l'observation de la Terre.
Pourquoi c'est important ? Les satellites de la NASA suivent les aérosols, le niveau des mers, la couverture terrestre, la couverture nuageuse et des dizaines d'autres éléments sur des années et des décennies. Ces mesures alimentent les relevés climatiques dont dépendent les populations du monde entier. Les satellites ont une durée de vie limitée. Les calendriers de lancement peuvent changer. Une anomalie en orbite peut modifier le calendrier d'une mission. Jacobson et l'équipe NESSIE aident les hauts dirigeants à voir où ces changements peuvent créer des lacunes dans les données, et quelles options permettent de maintenir les enregistrements stables.
« Il y a une incertitude sur la durée de vie des missions, sur ce qui peut arriver en orbite et sur les calendriers », dit Jacobson. L'équipe transforme cette incertitude en stratégie. Elle modélise les futurs possibles, évalue les conséquences et propose des alternatives pour maintenir le flux de données. C'est comme se préparer pour la saison des ouragans. On installe les volets anti-tempête et on empile des sacs de sable avant que l'alerte n'arrive. Ainsi, pas de bousculade. Pour le portefeuille de la NASA, la même logique signifie comprendre à l'avance ce qu'un changement impliquerait et avoir des réponses prêtes.
Cette approche fait écho à ses recherches de doctorat sur les systèmes d'infrastructure complexes, comme le réseau électrique. Le réseau ne peut pas être démoli et reconstruit. Il doit être modifié, étendu et amélioré au fil du temps. Le portefeuille de satellites de la NASA fonctionne de la même manière. Chaque mission fait partie d'un système plus vaste et interdépendant. Ce système doit évoluer de manière réfléchie.
Jacobson a présenté les travaux de NESSIE à la conférence IEEE Aerospace 2025. Elle a partagé des méthodes pour gérer les portefeuilles de missions d'observation de la Terre dans un contexte d'incertitude. La partie de son rôle qui évolue le plus vite est le paysage des sciences de la Terre lui-même, encore plus que le code qu'elle écrit. Les entreprises commerciales fournissent davantage de données. De nouvelles agences spatiales émergent. Des architectures innovantes apparaissent constamment. « La façon dont nous faisons de la science de la Terre change », dit-elle. La NASA doit suivre le rythme pour servir les communautés qui dépendent de ses données.
L'adaptabilité fait partie de la culture de Langley. « Langley a réalisé beaucoup de premières », dit Jacobson, reprenant les propos de la directrice Trina Dyal. Cette tradition comprend l'apprentissage de nouveaux outils, comme l'IA, et leur intégration dans le travail quotidien. Pour Jacobson, la mission globale reste la même. Construire de la prospective, réduire les risques et faire en sorte que les données des sciences de la Terre continuent de profiter à l'humanité.