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Élections de 2026 en Zambie : les réformes des droits humains au point mort qu'il faut suivre

11 August 2026 · 3 min read

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Article image by Edmond Dantès
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Lusaka, Zambie, correspondant MMN : Un pays peut-il renouer avec la promesse de la démocratie après une saison de revers ? Alors que les élections générales du 13 août 2026 approchent en Zambie, cette question préoccupe de nombreux citoyens et observateurs. Le pays traverse un moment de réelle possibilité. La voie à suivre dépend des choix que les dirigeants et les électeurs font en ce moment même.

En août 2021, les Zambiens se sont rendus en masse aux urnes et ont élu Hakainde Hichilema avec l'espoir d'une nouvelle ère. Son début de mandat a apporté des réformes significatives, notamment l'abrogation de la diffamation pénale du président, l'abolition de la peine de mort et l'adoption de la loi sur l'accès à l'information. Ces actions ont signalé une évolution vers la transparence et le respect des droits fondamentaux.

Aujourd'hui, un nouveau rapport d'Amnesty International examine attentivement la rapidité avec laquelle cet esprit peut s'estomper. Le rapport documente la manière dont les autorités utilisent certaines lois pour limiter la dissidence pacifique et les médias indépendants. Tigere Chagutah, directeur régional d'Amnesty International pour l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe, déclare que les espoirs de 2021 ne se sont pas encore transformés en protection durable. Les autorités ont eu recours à un schéma familier consistant à utiliser la loi pour criminaliser la dissidence pacifique et réduire au silence les médias indépendants.

Un constat central est que la législation rapide réduit l'espace civique. Plusieurs projets de loi ont été débattus, modifiés et adoptés en quelques jours, laissant peu de place à la participation du public. Ce processus affaiblit l'idée que les lois doivent refléter la volonté du peuple. Le projet de loi sur les organisations non gouvernementales (ONG), actuellement devant le Parlement, en est un exemple notable. Il donnerait au gouvernement un large pouvoir sur l'enregistrement, la suspension et la dissolution des groupes de la société civile. Les organisations dévouées à la transparence et à la responsabilité pourraient voir leur travail considérablement limité.

La loi sur l'ordre public, une loi de l'ère coloniale, continue de restreindre les rassemblements pacifiques. Elle est critiquée par les organismes nationaux et internationaux depuis des années. En mai 2026, le Parlement a adopté un remplaçant appelé projet de loi sur les rassemblements publics. Le président Hichilema a refusé de le promulguer, citant des incohérences avec les précédents judiciaires. Cela laisse le cadre juridique non résolu. L'annulation de RightsCon, une conférence mondiale sur la technologie et les droits humains, en mai 2026, met en évidence les conséquences pratiques de ce terrain incertain.

Les nouvelles lois numériques ont également suscité des inquiétudes. La loi sur la cybersécurité et la loi sur les cybercrimes de 2025 contiennent des dispositions larges qui peuvent interférer avec les communications privées et les données personnelles. En pratique, ces mesures sont utilisées pour enquêter sur les critiques du gouvernement, les journalistes, les militants et les politiciens de l'opposition. Les journalistes qui couvrent la corruption ou des questions politiques sensibles ont décrit un harcèlement persistant, une surveillance illégale et des enquêtes pénales. Le caractère vague des clauses sur la diffamation et le harcèlement crée un effet dissuasif, poussant de nombreux médias à l'autocensure avant l'élection.

Le rapport s'appuie sur des entretiens avec 14 défenseurs des droits humains, sept journalistes, quatre dirigeants étudiants et deux politiciens de l'opposition. Leurs expériences révèlent un schéma d'intimidation souvent laissé de côté. Les attaques à motivation politique contre les membres de l'opposition mènent rarement à des enquêtes, et les consultations de la société civile sont parfois traitées comme des formalités. Ce type d'engagement symbolique peut éroder la confiance dans la participation publique.

Il est encore temps de changer de cap. Amnesty International appelle les autorités à cesser d'utiliser les lois pour supprimer les libertés fondamentales. Le prochain gouvernement peut prendre des mesures concrètes : abroger la loi sur les ONG et réviser le projet de loi sur les ONG proposé pour le mettre en conformité avec les normes internationales, remplacer la loi sur l'ordre public par un cadre qui soutient les rassemblements pacifiques, et modifier les lois sur la cybercriminalité pour protéger la liberté d'expression et la vie privée. Les consultations publiques doivent être sincères, transparentes et inclusives, car c'est ainsi que les démocraties reconstruisent la confiance.

Les élections de 2026 sont plus qu'un vote de routine. Elles sont une occasion pour les Zambiens de décider comment le pays protégera les droits humains dans les années à venir. À bien des égards, c'est un référendum sur la manière dont la Zambie définit la démocratie pour la prochaine décennie. Les candidats qui prennent la démocratie au sérieux diront clairement comment ils prévoient de restaurer la confiance dans la loi. Comme le dit Chagutah, « Alors que la Zambie se rend aux urnes, les autorités doivent immédiatement mettre fin à l'utilisation abusive des lois pour supprimer les droits à la liberté d'expression, d'association, de réunion pacifique et à la liberté des médias. » Le monde regarde, et les choix importants appartiennent à la Zambie.