UEFA contre Infantino : trois scénarios qui pourraient mener à un boycott de la Coupe du monde et redessiner le football. Ce que les fans doivent savoir
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Rabat, Maroc, correspondant MMN : le football international est à un tournant décisif. Un désaccord au sein des hautes instances de la FIFA pèse désormais sur tout le sport. Les dirigeants du football européen ont clairement fait savoir que la trajectoire actuelle de la direction n'est pas acceptable. La question est de savoir ce qui va se passer et à quelle vitesse la situation peut évoluer.
La situation actuelle a commencé avec une proposition connue sous le nom de FIFA Forward Enterprise. Elle aurait vendu des parts commerciales de la Coupe du monde à des investisseurs privés. La réponse de l'UEFA a été immédiate. L'instance dirigeante du football européen l'a qualifiée de « marché opaque, de seconde zone et conclu en coulisses ». La fédération anglaise est allée plus loin en retirant son soutien au président de la FIFA, Gianni Infantino.
La proposition a finalement été retirée face à une opposition trop forte. La position de l'UEFA est que les conditions de fond pour rétablir la confiance n'ont pas été entièrement remplies. Une condition concernait le retrait de la proposition. Cela a été fait. L'autre condition demandait des garanties qu'une telle démarche ne serait jamais renouvelée. Ces garanties ne sont pas venues. C'est là qu'en est la relation aujourd'hui.
Infantino est arrivé à Rabat cette semaine dans un cortège officiel, assis à l'arrière d'une Mercedes aux vitres teintées. Il a convoqué une réunion du conseil de direction de la FIFA. La salle comprenait le secrétaire général Mattias Grafstrom, le directeur financier Thomas Peyer, le directeur juridique Emilio Garcia Silvero et le chef de cabinet Daniel O'Toole. Absent de la réunion, le directeur de l'exploitation de la FIFA, Kevin Lamour. Lamour avait exprimé de vives préoccupations au sujet de FIFA Forward Enterprise, le décrivant comme « le projet d'une seule personne » et appelant les dirigeants du football à poser les bonnes questions. Son absence n'est pas passée inaperçue.
Ensuite, Infantino et Grafstrom sont apparus ensemble lors d'un match de la Coupe d'Afrique des nations féminine. La FIFA a publié un communiqué reconnaissant des erreurs et présentant des excuses. L'UEFA n'a pas été convaincue. La réunion a été perçue comme un rassemblement d'alliés proches. Elle ne ressemblait pas à un examen indépendant. Trois questions fondamentales restent sans réponse. Qui a préparé le plan FIFA Forward Enterprise ? Y a-t-il eu un appel d'offres concurrentiel ? Infantino avait-il un intérêt personnel à y gagner ? L'UEFA affirme que ces questions doivent trouver une réponse avant que la confiance ne puisse revenir.
L'UEFA a plusieurs options sur la table. L'une d'elles est de convoquer une réunion spéciale du Conseil de la FIFA. Cela nécessiterait le soutien de 19 des 36 membres du conseil. Une autre option est un vote de défiance, qui nécessiterait 106 voix sur les 211 associations membres. Une troisième option est de présenter un candidat de consensus lors de la prochaine élection présidentielle de la FIFA en mars. Le président de la Concacaf, Victor Montagliani, est souvent cité comme un candidat sérieux, bien qu'aucune décision officielle n'ait encore été annoncée.
Infantino bénéficie toujours d'un soutien mondial considérable. La Confédération africaine de football a réaffirmé son soutien à l'unanimité. La fédération de football de Gambie a salué son « courage » et a déclaré qu'elle le soutiendrait plus que jamais. Seule la Jordanie a publiquement déclaré qu'elle ne voterait pas pour sa réélection. La FIFA devrait également annoncer de nouveaux financements pour les associations membres avant la fin de l'année. Ces financements pourraient renforcer encore davantage la popularité d'Infantino.
L'option la plus forte dont dispose l'UEFA est un boycott des compétitions de la FIFA, y compris la Coupe du monde. C'est une décision lourde. Elle pourrait diviser le football mondial et créer une fracture permanente entre l'Europe et le reste du monde. Elle pourrait aussi donner l'impression que l'Europe impose sa volonté aux autres régions. L'UEFA comprend le risque. L'option reste sur la table.
Le premier test pourrait venir de la Coupe du monde féminine U20 en Pologne le 5 septembre. Six pays européens, dont l'Angleterre, sont prévus pour y participer. Tout signe d'action de la part de l'UEFA sera ressenti dans tout le sport.
Ce moment dépasse une seule personne ou une seule proposition. C'est un débat sur la manière dont le football devrait être gouverné. FIFA Forward Enterprise était perçu comme un pas vers la commercialisation du sport d'une manière qui récompenserait un petit groupe d'initiés. La résistance de l'UEFA vise à protéger l'avenir à long terme du football. L'issue de ce bras de fer façonnera le football international pour les années à venir.
Pour les fans du monde entier, les prochains mois offrent une occasion rare de voir la direction du sport contestée au plus haut niveau. Les décisions prises maintenant influenceront tout, de la participation aux tournois à la manière dont la FIFA fonctionne. Le changement arrive. Seule question : quel chemin y mènera ?