COP17 Mongolie, le sommet sur la désertification qui décide de l'avenir de votre alimentation et de votre eau
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Oulan-Bator, Mongolie, correspondant MMN. Environ 10 000 personnes se rendent cette semaine dans un parc national près d'Oulan-Bator. Elles sont réunies pour la COP17, la dix-septième Conférence des parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification. La réunion se tient du 17 au 28 août et pourrait déterminer comment les fermes, les forêts et les prairies survivront au cours de la prochaine décennie.
Le choix du lieu est très important. La Mongolie est l'un des pays les plus enclavés et les plus sensibles au climat de la planète. Ses traditions d'élevage sont vivantes, tout comme la pression exercée sur les parcours. En accueillant le sommet, la Mongolie place les communautés pastorales et la santé des sols au centre de l'attention mondiale. C'est une décision opportune, car les mois secs s'étendent dans tout l'hémisphère Nord et la demande de meilleure gestion des terres augmente.
La désertification, c'est tout simplement le processus qui transforme des terres productives en terrains de type désertique. Elle se produit lorsque la chaleur et l'activité humaine éliminent trop de végétation et que le sol perd sa capacité à retenir l'eau. Le résultat peut être une baisse des rendements agricoles et une hausse des prix alimentaires. C'est pourquoi une gestion résiliente des terres devient une priorité mondiale. Un demi-milliard de personnes ont déjà été confrontées à ces conditions depuis les années 1980, et environ deux cinquièmes des terres de la planète sont considérées comme dégradées.
Ce qui rend ce sommet particulièrement pertinent, c'est le lien entre la terre et le climat. Un sol sain stocke le carbone. Lorsque la terre se dégrade, ce carbone s'échappe dans l'atmosphère. Plus la planète se réchauffe, plus la terre s'assèche rapidement. Restaurer les terres est donc un moyen de refroidir la planète et de maintenir la stabilité des systèmes alimentaires en même temps.
Un sujet majeur du sommet concerne la forme d'une initiative mondiale contre la sécheresse. Plusieurs pays africains veulent un protocole juridiquement contraignant qui oblige les gouvernements à agir. D'autres, dont les États-Unis et les pays européens, préfèrent un cadre flexible pouvant être ajusté rapidement. La dernière fois, les négociateurs réunis à Riyad ont choisi de poursuivre les discussions à Oulan-Bator. Aujourd'hui, la question revient pour un second tour.
Les parcours méritent qu'on s'y attarde. Ces zones de pâturage couvrent environ la moitié des terres émergées de la planète. Elles abritent des troupeaux, une faune sauvage et des millions de pasteurs qui se déplacent au rythme des saisons. Cette année, la Mongolie plaide pour une décision de la COP17 qui reconnaisse la valeur des parcours et fasse entendre la voix des pasteurs dans les politiques foncières. Les Nations Unies ont déjà désigné 2026 comme l'Année internationale des parcours et des pasteurs. Ce sommet pourrait transformer cette reconnaissance en un soutien concret.
Une autre question à long terme concerne la stratégie de la CNULCD après 2030. Les délégués commenceront à élaborer un cadre qui sera finalisé à la COP18. Les groupes environnementaux demandent que l'on accorde davantage d'attention à la biodiversité et aux systèmes alimentaires favorables à la nature. Cela pourrait changer la manière dont les futurs projets de restauration des terres seront financés.
La partie de haut niveau du sommet se déroule du 24 au 26 août, lorsque les ministres et les hauts responsables arrivent. Le 24 août, des acteurs de la société civile partageront des histoires de réussite de communautés qui ont redonné vie à des terres dégradées. Ces sessions fournissent souvent les idées les plus pratiques de toute la conférence.
Les engagements financiers seront sous les projecteurs. Le Partenariat de Riyad pour la résilience à la sécheresse, lancé par l'Arabie saoudite en 2024, a recueilli 12 milliards de dollars de promesses de dons pour soutenir 80 pays vulnérables. Cette semaine, les pays voudront savoir comment ces ressources sont distribuées et à quoi ressemblera la prochaine phase.
La Mongolie espère aussi attirer des investissements pour son initiative phare sur les parcours. Cette initiative vise à injecter des fonds dans des projets qui restaurent les terres pâturées et soutiennent les pasteurs. Une réponse financière solide montrerait que les thèmes du sommet passent du papier à la pratique.
La COP de cette année a une nouvelle équipe de direction. Le ministre mongol des Affaires étrangères, Battsetseg Batmunkh, préside la réunion. Yasmin Fouad, une scientifique égyptienne issue du GIEC, est directrice exécutive de la CNULCD. Tous deux apportent un mélange d'expérience diplomatique et scientifique à un processus qui fonctionne souvent hors des projecteurs.
Les États-Unis restent pleinement engagés dans la CNULCD. Leur délégation se concentrera sur des outils pratiques et des actions volontaires. Les six groupes de négociation du sommet devraient travailler dans un esprit de collaboration, avec une contribution directe de la société civile aux discussions.
Les décisions prises ici auront des répercussions bien au-delà de la Mongolie. Elles façonneront la manière dont les gouvernements, les donateurs et les communautés investissent dans la restauration des terres, la préparation à la sécheresse et la sécurité alimentaire. Si vous vous souciez du prix du pain, de la disponibilité de l'eau et de l'avenir des moyens de subsistance ruraux, Oulan-Bator est l'endroit où une partie de cette histoire s'écrira.